OKAPI
Okapia johnstoni
L’Okapi (Okapia johnstoni) est une espèce de mammifères ruminants de la famille des Giraffidae, endémique des forêts tropicales de la République démocratique du Congo. Il s’agit de la seule espèce du genre Okapia et l'une des cinq dernières espèces de la famille des giraffidés dont les quatre autres appartiennent au genre Giraffa, atteignant en moyenne les 180 cm au garrot. L'animal se rencontre dans un espace restreint dont la forêt de l'Ituri et la réserve de faune à okapis. À l'état sauvage, l'okapi est solitaire, vivant discrètement et ne fréquentant d'autres individus que durant la période de reproduction ; en captivité, souvent, l'okapi forme un groupe de plusieurs individus. Il fut découvert scientifiquement en 1901 par l'administrateur colonial et explorateur britannique Harry Johnston. Scientifiquement, c'est l'un des derniers grands mammifères qui fut découvert. Par son apparence de zèbre, Johnston le classa initialement dans la famille des équidés. Le mot « Okapi » serait d'origine mvuba, les populations locales, notamment les Pygmées connaissaient déjà bien cet animal qu'ils nommaient O'api. En lingala, elle est appelée Mondonga. Son aire de répartition est de plus en plus restreinte et l'okapi est menacé par plusieurs activités humaines dont le braconnage. Depuis 1933, l'espèce est protégée et depuis fin 2013, elle est classée sur la liste de l'Union internationale pour la conservation de la nature comme une « espèce en danger ».
Comportement
L'okapi est un animal très discret, ce qui expliquerait sa découverte tardive en 1901. Solitaire, il ne rencontre à l'état sauvage ses congénères que pour la période de reproduction[1]. En dehors de la reproduction, il établit un domaine vital qui lui est propre. Les espaces vitaux d'un mâle et d'une femelle, ou de deux femelles, peuvent se chevaucher[4], mais les mâles sont territoriaux entre eux, autrement dit leurs domaines vitaux ne se chevauchent pas[2]. L'animal le marque en urinant[1] et en sécrétant des glandes situées au niveau de ses sabots[6],[2] ; en captivité, l'okapi semble marquer son domaine vital olfactivement en frottant son cou contre les troncs d'arbre[4],[2]. Dans son milieu naturel, on peut l'observer dans des clairières ou dans les savanes le long des rivières[6], toutes affluentes du Congo ; mais généralement, il vit dans les forêts tropicales congolaises où il est difficile de l'apercevoir. Pour se retrouver dans ces forêts, il trace des sentiers qu'il utilise pour se déplacer et se rendre dans ses endroits préférés, ce qui prouve qu'il n'est pas nomade mais plutôt sédentaire[4],[1]. L'okapi est si discret et farouche que la grande majorité des études sur cet animal ont été réalisées sur des animaux en captivité, ce qui rend sa biologie et son comportement à l'état sauvage presque inconnaissable[4],[3]. On le pensait nocturne mais des observations démontrent que l'okapi est également très actif de jour[4],[3]. Les cris et vocalises de l'okapi sont variés, on en distingue trois sortes : des gémissements, des bêlements et des « chuff »[2]. La femelle utilise des infrasons, comme les éléphants, pour communiquer avec son petit, ces sons sont inaudibles pour l'oreille humaine[3].
Histoire
Les pygmées de l’actuelle République démocratique du Congo connaissaient depuis longtemps l’okapi qu’ils prenaient parfois au piège dans des trous camouflés. Ils l’appelaient o’api ou atti. En 1891, l'explorateur Wilhelm Junker, dans son ouvrage Reisen in Afrika, affirma avoir vu en 1878 ou 1879 une peau brun-rougeâtre avec des rayures blanches provenant d'un animal appelé makapi, qui serait observé dans des marécages, parfois accroupi sur ses pattes de devant. En 1890, le journaliste Henry Morton Stanley, venu à la rencontre des pygmées, rapporte l’existence d’une sorte d’âne-zèbre broutant des feuilles. En 1897, un employé de l'administration coloniale belge décrivit un animal appelé ndumbe : "De taille supérieure au buffle, tête noire, le cou et le corps brun marron, arrière-train zébré par des raies noires et blanches. Ces raies forment des anneaux sur les quatre membres. La queue est longue de 50 centimètres et se termine par une touffe de poils. Elle a les formes gracieuses et arrondies du zèbre. Sa chair est excellente". Jean-Baptiste Marchand aurait vu le 16 juin 1898 dans la région du Bahr el-Ghazal, un grand animal lui rappelant le zèbre et la girafe[9]. Harry Johnston, futur gouverneur de l’Ouganda, curieux de cet animal étrange, partit en 1899 à sa recherche et le baptisa Equus johnstoni, pensant qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce de zèbre (du genre Equus, à cause de sa robe et de sa taille). En 1901, il réussit à se procurer la peau entière d’un okapi ainsi que deux crânes. Leur étude révéla qu’il ne s’agissait pas d’un zèbre mais d’une espèce d'un nouveau genre et on changea son nom en Okapia johnstoni[9].
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